Méditations proposées par notre curé André Laurent

A compter du 1er juin, les textes de méditation figureront dans la rubrique "APPROFONDIR"

Vendredi 29 mai 2020
Humilité
    L'humilité, ce n'est pas prétendre : « Je ne suis rien, , je ne peux rien. »  Elle ne doit pas non plus être comprise comme une manière de se dire inoffensif, innocent.
   L'humilité, c'est accepter de se montrer comme on est, sans vanité. En cela, cette vertu a un lien avec le courage. L 'humilité, c'est la modestie d'être soi-même, c'est-à-dire avec notre corps, en chair et en os, dans sa langue, dans sa culture, dans son étroitesse...
    Cette vertu a à voir avec le renoncement à être tout, à vouloir toujours être autre chose que ce qu'on l'on est. Il y a une vanité qui consiste à toujours vouloir s'étendre, à « être plus », toujours ailleurs. L'humilité nous fait accepter l'étroitesse de notre point de vue, et elle nous ouvre à la considération des autres point de vue, des autres formes d'existence et de vie que la nôtre.
    L'humilité est vraiment la vertu chrétienne par excellence... Elle consiste à tenir sa part et à considérer la part des autres. Montrer ce que l'on est, cela veut dire montrer aussi ses joies, sans vanité.
     Dans un monde où tout exige de nous d'augmenter tout le temps, l'humilité nous ouvre à la possibilité de diminuer. Elle nous autorise à laisser la place à d'autres, à nous effacer...
   On voit combien cette vertu est importante dans le rapport à la mort. Il y a une vertu à accepter de diminuer pour que d'autres grandissent...
   L'humilité, c'est aussi la vertu à ne pas humilier les autres. Nous sommes dans un monde trop humiliant et qui manque la gravité de l'humiliation.
  Nous sommes attentifs aux violences et aux injustices, mais pas assez aux humiliations qui nourrissent tant les populismes.
                                                  Olivier Abel
   Je vous laisse cette pensée d'un philosophe...  Vous comprenez combien cette vertu est le fruit de l'Esprit Saint. Elle nous permet de reconnaître la part de Dieu dans notre histoire... et celles des autres... et de leur dire merci.
    « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi t'enorgueillir comme si tu ne l'avais pas reçu ?
                                                   (St Paul)

    La vierge Marie chante le travail que Dieu peut accomplir dans le cœur des humbles :
            « Le Tout Puissant a jeté les puissants de leurs trônes et il a élevé les humbles »
   C'est la pensée de beaucoup dans la bible.
     « Aux humbles le Seigneur montre sa faveur »  Proverbes
       « Dieu résiste aux orgueilleux, mais se montre favorable aux humbles. »  St Jacques
       Le livre des nombres écrit : « Moïse était un homme très humbles, l'homme le plus humble que la terre ait porté. »
     Et vous connaissez ce que Jésus nous conseille : « Cherchez le Seigneur vous tous les humbles de la terre, cherchez l'humilité. Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœurs, et vous trouverez le repos de vos âmes. » (Matthieu 11,20)
     Aujourd'hui, mercredi, l'Eglise prie ainsi :
   « Que ton Esprit Saint, Dieu créateur, nous transforme par ses dons : qu'il change notre cœur en un cœur que tu aimes, parfaitement accordé à ta volonté. »
                     Bonne fête du don de l'Esprit-Saint pour que nous fassions « Eglise du Christ » !
                                                                 A. Laurent
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mercredi 27 mai 2020
La méditation du jour :

« Maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu'ils aient en eux ma joie ; et qu'ils en soient comblés. » (Jean 17, 11b-19)
« Abba... Père Saint »… Jésus nous fait entrer dans l’intimité de sa relation avec son Père : c’est un lien chaleureux, proche, plein d’affection et de respect. « Garde mes disciples unis dans ton nom pour qu’ils soient UN, comme nous-mêmes. » Pendant ce temps où nous étions retirés du monde, Il nous a introduits davantage, nous, ses disciples dans cette unité, cette circulation d’amour qu’Il vit de toute éternité avec son Père. Il nous confie à Lui comme Il a veillé sur nous et nous a invités à veiller les uns sur les autres, comme des frères et sœurs.
Nous nous réjouissons déjà à l’approche de ce dimanche, prêts à accourir au festin des Noces tellement désiré, prêts à faire Église. Repassons en revue notre parure de fête, masques et gants blancs mais surtout le cœur pur, débarrassé des oripeaux de nos divisions entre croyants, de nos querelles de clochers, de nos enfermements, de nos peurs de l’autre. Munissons-nous d’un petit peu de gel purifiant, étiqueté « prière pour l’unité des chrétiens » : « Seigneur Jésus, qui a prié pour que tous soient un, nous te prions pour l’unité des chrétiens, telle que Tu la veux, par les moyens que Tu veux. Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation, de voir notre péché et d’espérer au-delà de toute espérance. »  (Communauté du Chemin Neuf)
Unifiés, purifiés, nous rencontrerons le Seigneur dans un cœur à cœur ébloui et recevrons au cours de ce festin de Pentecôte, une mission toute particulière, être témoins de son Amour pour tout homme et une carte, celle du monde. Nous serons triplement équipés du bâton de marche de sa Parole de Vérité, du Pain de sa vie donnée et du Souffle créateur de l’Esprit Saint. Sanctifiés, consacrés, nous serons prêts à être envoyés dans ce monde jusqu’en ses périphéries pour participer à la sainteté de Dieu.
Mais comment être ses disciples missionnaires ? Comment coopérer avec Lui pour transformer ce monde ? Comment faire sa joie et notre joie ?
Ce ne sera pas « en portant un insigne à la boutonnière, ni en parlant de la vérité mais en la vivant, en s’incarnant en elle, en devenant Christ. Ce ne sera pas en portant une torche à la main, ni en possédant une lumière mais en étant la lumière… L’Évangile […] plus qu’un enseignement est un exemple. Le message changé en vie vécue. » (Saint Albert Hurtado)
Que l’Esprit Saint nous y entraîne en nous donnant son souffle, sa force et sa puissance de Vie !

Laurène Dupuis
Responsable de la Pastorale des Jeunes de 18-35 ans du diocèse de Saint-Dié
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Vendredi 22 mai 2020
Je crois en Jésus-Christ, notre Seigneur. Il est ressuscité des morts, 
Il est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant.
  En la fête de l'ascension du Christ Jésus , nous avons reconnu sa plénitude, sa gloire , sa puissance divine . Cet accomplissement de son engagement d'amour divin  est maintenant la source de notre sainteté quotidienne. Il est grand le mystère de la foi !
   « C'est votre avantage que je m'en aille. En effet, si je ne pars pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; si, au contraire,je pars, je vous l'enverrai... Lorsque viendra le Défenseur que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi ; et, à votre tour, vous me rendrez témoignage... »  (Jean 15-16)
   Saint Paul va jusqu'à écrire aux chrétiens d'Ephèse : «  Le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ a fait du Christ la tête de l'Eglise qui est son corps, et l'Eglise, c'est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. » Il est grand le mystère de la foi !
   Je vous transmet un poème qui nous parle de cet action vivifiante du Christ 
    Entré dans la gloire, Jésus nous trace le chemin, et nous conduit vers le matin de sa victoire.
   Vêtu de lumière, il transfigure pour toujours le fils prodigue de retour auprès du Père.
Ouverte est la porte, en sa demeure il nous reçoit.
Dans son offrande, vers la joie ses mains nous portent.
   Soleil de justice, il fait mûrir tout l'univers, et son Esprit, dans nos déserts, est source vive.    
         Mais l'amour seul est sa puissance, mystère découvert aux yeux de l'espérance
            C'est pourquoi saint Paul nous écrit :
  « Que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître ! … Quelle puissance incomparable il déploie pour nous les croyants : c'est l'énergie, la force, la vigueur qu'il a mise en œuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts, et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux. »
    Que le Père nous donne un Esprit de Sagesse pour découvrir le Christ qui surpasse toute connaissance... ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur... l'amour du Christ....

     Et je vous laisse avec les paroles de foi de notre frère Roger de Taizé :
    Dieu ne peut que donner son amour
      Le Christ Jésus n'est pas venu sur la terre pour juger le monde, mais pour que, par lui, toute créature humaine soir sauvée, réconciliée.
   Et pourtant il arrive que le cœur humain soit habités par une peur secrète : Dieu va me punir. D'où vient ce sentiment de faute, déjà dans la petite enfance ? Penser que Dieu punit l'être humain est un des plus grands obstacles à la foi.
   Quand Dieu est regardé comme un juge tyrannique, saint Jean nous rappelle en lettres de feu « Dieu est amour. Ce n'est pas nous, c'est lui qui nous a aimés le premier. » Et six siècles après J.C, Isaac de Ninive écrivait ces paroles : « Dieu ne peut que donner son amour. »
  Jamais, au grand jamais, Dieu n'est un tourmenteur de la conscience humaine. Il enfouit notre passé dans le cœur du Christ, et de notre futur il a déjà pris soin. Dieu vient tisser notre vie, comme un beau vêtement, avec les fils chaleureux d'une compassion.
      Il dit à chacun : «Je connais tes épreuves et ta pauvreté, pourtant tu es comblé.
  Comblé de quoi ? Par sa présence toujours offerte, source de liberté, cachée au plus profond de nous-mêmes.
    Et voilà qu'une communion avec lui nous engage, en son nom, à alléger la peine des innocents et à prendre des responsabilités pour réduire la souffrance humaine sur la terre.
     Et quand nous apaisons les épreuves des autres, c'est au Christ que nous le faisopns, c'est lui, le Ressuscité, que nous rencontrons. Il le dit lui-même : « Ce que vous faites aux plus petits de mes frères, c'est à moi que vous le faites. » (Mt 25,40)  (Frère Roger)
         Christ aujourd'hui  nous appelle, Christ aujourd'hui nous envoie.     A. Laurent
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Jeudi 14 mai
L'émerveillement, une capacité à surmonter le malheur ?

           Lisons ce que Bertrand Vergely (philosophe et théologien orthodoxe) écrit sur notre capacité d'émerveillement.
  Lorsqu'une tuile , petite ou grande, vous tombe dessus, deux voies sont possibles. Vous pouvez avoir une réaction primaire de colère, car vous êtes blessé, heurté, révolté par ce qui arrive.
  Votre cœur s'endurcit. Aigri, vous vous refermez sur vous-même. Vous êtes furieux contre Dieu, les autres, la vie. Processus très humain, mais régressif et infantile, destructeur et suicidaire....
    Ou alors, vous avez une certaine maturité et, en vertu d'un formidable instinct de survie, vous décidez, à un moment donné, de rester ouvert et de fonctionner en parallèle : « OK, j'ai une saleté, mais je ne veux pas le faire payer à Dieu, aux autres et au monde. »
   Vous laissez sa chance à la vie et alors un miracle s'opère : la vie se met à parler de nouveau.
C'est toute l'aventure spirituelle de l'épreuve, et c'est un vrai combat intérieur, car le diable, lui, veut que vous tombiez et que vous jetiez l'éponge.
Comment opérer ce salutaire retournement ?
   Piste numéro un : ne jamais souffrir tout seul. Il est fondamental de savoir et d'oser dire : « Je ne vais pas bien. » à quelqu'un. Car c'est dans la parole échangée que vous pouvez réenclencher votre capacité de vie, trouver la force de retourner les perspectives et de prendre conscience de ce fait essentiel : « Les choses vont déjà assez mal comme ça, je ne vais pas en rajouter ! »
  Alors seulement, vous allez trouver un moyen d'avancer...
      Le point de bascule dans la vie où l'on passe du négatif au positif est un déclic intérieur, ; vous êtes le seul à pouvoir le susciter.. Un jour, vous vous dites : « Il y en a marre d'être dans la révolte, la déprime, la tristesse... Je n'en peux plus..Stop, ras-le-bol, ça suffit ! J'avance, je veux autre chose, je veux vivre. »
  En décidant ainsi de n'être plus triste, la joie vient et plus elle vient, moins vous avez envie d'être triste. Il y a une résonance dans le ciel quand vous dites de telles paroles, elles sont contagieuses (au bon sens du terme). Et cet acte de volonté que vous posez un certain jour, cette décision d'attraper le fil de la merveille pour ne plus le lâcher, vous donne ensuite de vivre ouverture sur ouverture à l'intérieur même de l'impasse dans laquelle vous êtes. C'est cela la grâce : un espace qui n'est pas condamné.
   Les forces célestes sont partout et toujours présentes, et même au fond d'un hôpital, d'une prison, d'un camp de concentration (Etty Hillesum écrit dans son journal : « La vie est belle. Je dirai que la    vie est belle »)... elles créent des ouvertures.  Au cœur des ténèbres, la lumière. Quelle espérance ! A l'intime de nous-même, nous savons que la vie est fondamentalement ouverte avant
même que les choses aient existé, et qu'elle vaut donc la peine d'être vécue jusqu'au bout. 
« Tout est grâce » peut être difficile à entendre
    En effet, il existe une façon de dire l'émerveillement qui peut être complètement déplacés, naïve, agaçante, voire révoltante. Il faut de la pudeur, de l'écoute, du tact, une certaine finesse.
  La première des délicatesses est de comprendre qu'il y a un temps pour tout. Un temps pour se taire, et donc écouter l'autre qui est dans le trou, et un temps pour parler. Un temps pour rejoindre l'autre dans sa colère, son désespoir, son malheur, et un temps pour l'aider à voir les belles choses qui ont jailli au creuset de son épreuve. Tout cela est très fragile, comme le cristal de sucre qui peut se briser facilement.
  Mais je crois qu'il est une parole, qu'on n'a jamais tort de prononcer : « Confiance ! »
    J'aime beaucoup l'image de Jésus qui dort dans la barque alors qu'une tempête fait rage sur le lac de Tibériade. Aux disciples qui, paniqués, le réveillent, le Seigneur dit : « De quoi vous inquiétez-vous ? »                                                                                      (  Bertrand Vergely )                                                                                                                                    
     C'est une parole dure à entendre, je pense.. qui a quelques chose à voir avec le chemin de Jésus...
                   Nous avons bien besoin de compagnons de route, de leur écoute , et de l'Esprit de force, de lumière... « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l'Esprit de vérité... Il sera en vous »  (Jean 14,16-17)
                                                                            A. Laurent
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Samedi 9 mai 2020
« Ne vous inquiétez pas pour le lendemain : le lendemain s'inquiétera de lui-même ;
     à chaque jour suffit sa peine »  (Jésus)
      Ils sont nombreux ceux qui, dans le brouillard, espèrent un monde meilleur... Les premiers témoins de Jésus le Ressuscité affirment que le monde nouveau a déjà commencé avec la naissance, la mort et la résurrection du Christ.
   Leur confiance se fonde sur la présence agissante de Jésus qui tient sa parole :  « Mes brebis ne périront jamais, et personne ne pourra les arracher de ma main » (Jean 10,28)   Saint Paul affirme la même conviction en concluant ainsi son hymne à l'amour de Dieu :                           (Rm, 8,39)
« Rien  ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur. »
  Cette actualité de la présence de Dieu s'appelle aussi l'espérance.
   C'est une vertu, un mot à ne pas évacuer comme dépassé, et qui signifie « force ». Elle invite le chrétien à crocher ferme, tel l'alpiniste, dans le temps présent.
   Chaque fois que l'on esquive l'aujourd'hui, on manque à l'espérance en remettant à plus tard de reconnaître Jésus vivant déjà là sur le chemin. Paul VI donnait cet avertissement : « Celui qui prend le chemin du plus tard prend le chemin du jamais. »
  Vivre l'aujourd'hui de la présence de Dieu, et vivre l'espérance, c'est donc la même réalité profonde. Cela donne la santé spirituelle.
   Cette force d'âme s'ancre dans la certitude que la prière chrétienne, le Notre Père, est toujours exaucée : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. » …
   « Qu'il est difficile à cette race économe de renoncer à l'antique prévoyance, d'être forée par la dent du souci et d'autant plus de Te faire confiance. Seulement le pain de ce jour : viens en aide à notre manque de foi. Pardonne-nous si demain est en nous comme un ulcère qui ne guérit pas...
Juste assez de pain et de forces pour faire ta Volonté, non la nôtre. Tel est le peu où ta Bonté surabonde : tout ce qui est en plus n'est pas assez. » (Pierre Emmanuel)
  L'espérance délivre le cœur de l'homme de l'inquiétude et donne sa vraie saveur à toute la vie. Chaque journée acquiert la fraîcheur d'une page d'histoire sainte.
   Hier n'est plus là, demain c'est l'inconnu, entre nos mains l'aujourd'hui est le don de Dieu, confié pour n'être pas gaspillé : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses ;
mais une seule est nécessaire. » (Luc 10,41)
   Coller à l'instant présent nécessite fréquemment un effort, une ascèse de l'esprit et du cœur pour repousser les préoccupations envahissantes qui finiraient même par rendre impossible la vraie rencontre des autres, y compris celle de Dieu dans la prière. Les enfants sont nos maîtres par leur capacité à s'absorber dans l'instant présent...
  Le consentement à l'aujourd'hui dans la foi en la présence de Dieu contribue activement à l'acceptation de soi-même. Ce n'est pas le plus facile.
  Il fait bon vivre auprès de ceux qui s'efforcent d'accueillir la grâce quotidienne . Ecoutons ce chant de la vie tel qu'il jaillit au cœur d'Anne Lindberg, après que son petit garçon enlevé ait été retrouvé mort, alors qu'elle essaie de survivre dans la solitude d'un îlot breton : «  L'existence limitée au présent donne à la vie qu'on mène une fraîcheur et une pureté extrêmes. C'est une vie d'enfant ou de saint. »
    Il y a quelque chose d'invincible dans celui qui trouve sa force dans le Christ, premier-né d'entre les morts ; il ne déserte pas le présent.
                                                                 Mgr Thomazeau
         Je vous propose cet acte de foi en l'espérance, parce qu'une animatrice de l'Hospitalité des Vosges à Lourdes m'a écrit : « L'espérance c'est Jésus vivant en moi. » … Il faudra que j'étudie cela pour vivre mon présent dans la foi au Dieu vivant à l'oeuvre dans nos vies...
  Vous pouvez envoyer vos réactions après  avoir méditer ces affirmations de Mgr Tomazeau...
                                         Que l'Esprit du Seigneur éclaire notre route en ce temps de « brouillard » !
                                                                        A. Laurent (votre curé)
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Jeudi 7 mai 2020
Témoignage d'un médecin ...
Comment peux-tu encore croire en l'humanité après avoir été témoin de tant d'horreurs ?
   Médecin militaire et humanitaire, j'ai sillonné pratiquement toutes les zones de guerre depuis les années 1980 ; des Balkans au Tchad, des pays du golfe à l'Irak et la Syrie. On me pose souvent la même question : « Comment peux-tu encore croire en l'humanité après avoir été témoin de tant d'horreurs ? » Mais ce qui m'anime, c'est ma foi , ma foi en Dieu et non dans l'homme.
  Et s'il y a tant de violences et d'atrocités, c'est justement parce que Dieu a été mis à mort par ces lieux de ténèbres.
   En tant que chrétien, j'ai une responsabilité : apporter plus d'amour et de lumière là où il en manque, réveiller la vie qui toujours est là, présente malgré tout, à l'image de ces petites fleurs qui parfois percent le goudron noir dans nos villes.
   Je ne suis pas le Christ, je ne fais pas de miracles. Je ne suis qu'un médecin formé en médecine de guerre, mais je vais là où l'humanité souffre pour faire ce que je sais faire.
   Je veux être là où je dois être, avec la certitude de faire ce que Dieu attend de moi. C'est la parabole des talents. Chaque homme est unique. Il a reçu non seulement la vie, ce don si précieux, mais aussi un talent singulier. Et celui-ci se perd s'il n'est pas donné – terrible , funeste gâchis.
   Au soir de notre vie, Dieu nous demandera : « Qu'as-tu fait de ce que je t'ai donné ? L'as-tu fait fructifier ou l'as-tu enterré ? »
  Pour moi, être chrétien n'est pas une identité mais un engagement généreux, altruiste, de tous les instants et de tout l'être.
    Il n'y a qu'à regarder le Christ ! Certes, pendant 30ans, il est resté dans le silence de sa vie cachée, mais après, il n'a pas cessé de proclamer la Bonne Nouvelle, d'annoncer la miséricorde du Père, par sa parole et par ses actes, à temps et à contretemps et jusqu'au bout de l'amour et de la mort.
    Et il n'a pas réservé sa tendresse infinie aux membres de son peuple, et encore moins aux justes et aux gens bien. Au contraire : il est allé à la rencontre de tous, ne faisant acception de personne, car il est le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, pour toutes ses brebis.
    C'est à cela que nous sommes appelés, chacun à sa manière, selon le talent que nous avons reçu.
Notre vie sur la terre n'a de sens que dans le don de nous-même.
    N'est-il pas nécessaire de se ressourcer, puisque l'on ne peut donner que ce qu'on a d'abord reçu ?
   C'est essentiel. D'autant plus que, comme chrétien, je suis appelé à donner non pas mon affect personnel et humain, mais l'amour, la charité, la compassion du Christ lui-même.
  Et comment donner cet amour incomparable à autrui si ne n'en suis pas moi-même pétri ?
   Oui, puiser constamment à la source pour s'y abreuver est vital. Quant à moi, mon ressourcement ne se fait que dans la prière. Je me lève très tôt chaque matin pour suivre la messe célébrée par le pape François à Ste Marthe (sur KTO). Alors je suis armé pour aller travailler à l'hôpital, et lorsque je rentre chez moi après ma garde, j'ai le joie de me retrouver seul avec Jésus, confiné en Dieu.
  De vous à moi, je suis heureux du confinement !
        On touche ici au fait que l'Eglise n'est pas une ONG et le chrétien un travailleur social...
    « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous » (Jean12,8) a dit Jésus à ses disciples.
Nous, chrétiens, devons donner du pain à l'affamé -  tant que celui-ci n'aura pas mangé, il ne pourra ni voir ni entendre, et le Christ a constamment répondu à cette faim-là. Mais au-delà, c'est un pain impérissable , un pain de vie, que nous avons à donner en partage : c'est Jésus lui-même qu'il nous faut apporter. A travers notre engagement, notre attitude, à travers le don gratuit de nos personnes, l'autre doit être amené à s'interroger sur lui-même et sur sa vie intérieure.
  A ma mesure, j'essaie de suivre l'exemple d'Etty Hillesum : lorsqu'elle allait à la rencontre des autres, elle essayait de trouver en eux la pièce essentielle, « la chambre haute » où Dieu demeure et se donne.  
                                         Raphaël PITTI     (Aussitôt le confinement décrété, Raphaël PITTI a proposé ses services, et le 24 mars, le CHR de Metz-Thionville lui a confié un secteur en réanimation.  Il est au cœur du drame et de sa compétence d'anesthésiste réanimateur)

    « Vraiment  je vous le dis : celui qui croit en moi fera des œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »  (Jean 14, 12)
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Lundi 4 mai 2020
Je vous propose ce conseil du frère Roger Schutz, fondateur de la communauté oecuménique de Taizé, lieu de rencontres de millions de jeunes d'Europe depuis les années soixante..
   « Les portes qui s'ouvrent à Dieu s'appellent « Louange ».
    Face aux ébranlements dans les sociétés humaines, dans l'Eglise ou en soi-même, face à toutes les épreuves, deux voies sont ouvertes : ou bien peines et angoisses se transforment ne amertume, en dolorisme ; dès lors, nous nous immobilisons sur place et tout est perdu.  Ou bien peines et tristesses trouvent leur issue dans la louange d'un Amour, l'Amour de Celui qui nous a aimés le premier.
   Et la louange au Christ a cette conséquence inattendue : elle nous porte en avant, elle nous arrache à la passivité, pour prendre à bras le corps tout événement. »
     Je vous conseille ce chemin en ce temps d'ébranlement de notre société.  Chaque jour des prêtres, des diacres, des chrétiens commencent leur prière par cette demande :
« Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange ! »
  Vous connaissez, peut-être ce refrain chanté par les frères de Taizé :
  « Jésus, le Christ, lumière intérieure,ne laisse pas mes ténèbres me parler !
Jésus, le Christ, lumière intérieure,donne-moi d'accueillir ton amour !
Et je vous quitte avec cette autre parole de foi :
  « Tu révèles à nos yeux, l'océan de ta grâce. Sois pour nous l'horizon, viens briser nos impasses ! »
Avec vous sur ce chemin de foi   , chemin de Vie.
A. Laurent  (votre curé)

Mercredi 29 avril 2020
L'épidémie est-elle une punition divine ?
« Une amie m'a dit que l'épidémie de Covid-19 était une punition divine. Le coronavirus est envoyé par Dieu afin de châtier notre monde qui s'éloigne de lui. Je suis très troublée et je ne sais que penser. »
     A chaque catastrophe mondiale, ce type de problématique resurgit... En 2004, lors du tsunami dans l'océan indien, je n'oublierai jamais une paroissienne me disant dans la rue :  « La Thaïlande est le pays de la prostitution. Dieu a voulu faire le ménage. »
    Cette question récurrente questionne l'image que nous nous faisons de Dieu, et celle que nous donnons de lui. Or, force est de constater qu'il traîne dans le monde et l'Eglise des images perverties ou défigurées de Dieu.
   Le Père Zundel (prêtre suisse) écrit : « Rien n'est plus déchirant que de voir Dieu constamment défiguré, comme une puissance extérieure au monde, non engagée dans notre vie, confite tout entière en elle-même, dans sa gloire et son bonheur, et jouant dans notre monde qui n'est rien pour lui, dont il n'a pas besoin, et qu'il laisse se débattre dans les agonies que nous connaissons. »
   Il poursuit : « Tout l'athéisme moderne refuse Dieu ! Tous ces grands talents, Marx, Sartre, Camus...refusent Dieu ! Parce qu'ils le voient comme une limite à l'homme, comme une menace contre l'homme, comme un interdit, une défense, une barrière. »
    Si ce type d'affirmation réapparaît à chaque catastrophe, c'est que nous avons donné à penser que Dieu se jouait des hommes.
   C'est pourquoi Maurice Zundel nous invitait, plus qu'à parler de Dieu (ce qui comporte toujours le risque de l'abîmer), à « vivre Dieu »
     A la suite des textes précédents, il déclarait :
  « Il faut que nous réformions complétement nos idées sur Dieu...  Dieu est amour et rien qu'amour . Dieu se donne et il ne peut rien faire d'autre que se donner.
   Etre Dieu ne signifie plus dominer et avoir le pouvoir d'écraser les autres. Etre Dieu signifie se donner sans mesure, se dépouiller éternellement.
    C'est parce que Dieu ne garde rien, parce qu'il est tout amour, parce que la respiration de son être est la générosité, que la Création surgit , et qu'elle constitue à la fois un secret inépuisable et un appel infini... Dieu est totalement à l'état de don.  Il est Dieu parce qu'il ne peut que se donner. »
     Ces mots sont à mes yeux d'une très grande actualité. Si nous ne voulons pas qu'à la prochaine catastrophe la même question soit formulée, il est capital que, par nos vies, par ce que nous sommes, nous laissions transparaître Dieu tel qu'il est.
                                                                                           Patrice Gourrier
    Dimanche nous entendrons Jésus nous dire :
    « Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie en abondance. » « Jean 10,10)
     Et après avoir raconté l'histoire de la brebis perdue « Quel est votre avis ? Si un homme a cent brebis et que l'une d'entre elles viennent à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour aller à la recherche de celle qui s'est égarée ? » (Matthieu,18) Jésus dit : « Ainsi votre Père qui est aux cieux veut qu'aucun de ces petits se perde. »
    Pour vous, qui est ce Jésus ?
   « Dieu , en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu'il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes. Ce Fils est le resplendissement de sa gloire et l'expression de son être. » (Hébreux 1)
    Que nous demande Jésus ?
     «  Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu'en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux ! » (Matthieu 5,16)
                 Que notre prière de chaque jour nous sorte d'un confinement sur nous-mêmes pour nous ouvrir au rayonnement de Son amour !
                                                                  A. Laurent (votre curé)
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Horaires de messes

Dimanche 25 octobre - 10:00 Eglise Saint-Maurice de Arches
Dimanche 1 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Lundi 2 novembre - 18:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Dimanche 8 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Mercredi 11 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Dimanche 15 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Dimanche 22 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux
Dimanche 29 novembre - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux

Nos Paroisses