Vous êtes ici

Encouragements à la méditation et prière - Jeudi Saint 9 avril

par notre curé André Laurent

En communion avec ses paroissiens confinés, soumis aussi à l'épreuve de l'épidémie, notre curé André Laurent nous adresse des textes pour nous encourager :

Au fil des jours et des semaines, je vous propose de prier et de méditer. Voici quelques textes pour vous y aider.
                                                Avec vous sur ce chemin de foi pour qu'il devienne de Vie

                                                                             A. Laurent (votre curé)."

 

Jeudi Saint 9 avril 2020

Jeudi Saint : Qu'avons-nous fait de l'Homme ?       (Maurice Zundel)

  Qu'avons-nous fait de l'Homme ? C'est la question que nous pose cette liturgie du Jeudi Saint.
    Si nous avions compris l'Evangile de Jésus, est-ce que le monde se trouverait dans l'état où il se trouve aujourd'hui ? Evidemment non !
   Cette liturgie du Jeudi Saint cumule toutes les consécrations de l'Homme par Jésus-Christ. La dernière consigne de Jésus : « C'est à cela que l'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres comme je vous ai aimés. » ( St Jean 13, 35)
    Voilà donc le dernier mot du Christ ! Le dernier mot du suprême Prophète, le dernier mot du Fils de l'Homme et du Fils de Dieu, c'est d'aimer l'Homme et de faire de l'amour de l'Homme, le test, le critère, la pierre de touche de l'amour de Dieu.
    Et cet amour de l'homme, Jésus va le manifester dans cette scène incomparable, inépuisable, bouleversante, du Lavement des Pieds.
   Il va nous montrer Dieu à genoux devant l'Homme, devant l'homme qui est le Royaume de Dieu, devant l'Homme qui porte l'infini dans son cœur, comme dit le pape St Grégoire, exprimant cette nouveauté merveilleuse ; « Le ciel, c'est l'âme du Juste. » …
     Il faut que le vrai visage de Dieu s'imprime maintenant dans le cœur des disciples, et qu'ils sachent que Dieu est au-dedans d'eux-même, d'une Présence confiée à toute conscience humaine.
    C'est à cela que Jésus  veut conduire ses disciples, c'est ce Royaume de Dieu qu'Il voulait ériger au-dedans de nous, nous révélant que le ciel est ici, maintenant, dans cet éternité de l'amour, au cœur de notre plus secrète intimité.
  C'est donc là qu'il faut chercher Dieu, dans l'Homme. Et pour atteindre à la perfection chrétienne, il faut que tous les hommes ensemble constituent un seul corps, une seule vie, une seule personne en Jésus …
       C'est  pourquoi tout ce que nous faisons aux autres en mal ou en bien, Le frappe, Le comble ou  Le déchire, parce qu'il est intérieur à chacune de nos humanités, parce qu'Il est une attente infinie dans chacune de nos consciences...
     Pour atteindre Dieu, il faut donc  ( J'entends le Dieu Vivant, le vrai Dieu, le Dieu qui est au-dedans de nous un espace infini) ouvrir nos cœurs, il faut les faire aux dimensions de Son cœur, il faut nous rendre universels et dépasser nos frontière et nos limites, il faut que nous devenions une Présence à tous et à chacun. ..
     Vous ne pouvez venir à Moi, c'est cela que veut dire l'Eucharistie, qu'en vous faisant d'abord mon Corps. C'est quand vous serez tous ensemble Mon Corps Mystique, quand circulera entre vous-mêmes l'Amour qui fera de vous les membres les uns des autres, c'est alors que vous serez centrés sur Mon intimité, parce que justement votre intimité sera devenue illimitée et universelle.
  Vous m'appellerez et Je vous répondrai . Vous m'appellerez et Je serai présent. Vous m'appellerez et je serai l'aliment de ce banquet universel qui vous rassemblera tous autour de Ma table, et vous vous échangerez les uns les autres en échangeant la Présence divine, Elle-même.
Oui, c'est cela l'Eucharistie, elle n'a pas pour but de rendre présent le Christ. Il est toujours déjà là, c'est nous qui ne sommes pas là.
    L'Eucharistie a pour but de nous rendre présents au Christ, de fermer l'anneau d'or des fiançailles éternelles et de faire jaillir en nous la plénitude de Sa Vie, dans la mesure où nous lui apportons la plénitude de la nôtre.   Et c'est là un immense appel qui n'a pas été entendu et qui continue de retentir....
      Nous voulons demander au Seigneur, en poursuivant cette Liturgie, Lui demander de sceller dans notre cœur cet appel, cette exigence infinie, afin que cette question : « Qu'avons-nous fait de l'Homme ? »  soit pour nous chaque jour un programme, un désir, pour répondre à l'appel de Jésus-Christ d'aborder les problèmes humains avec la volonté de les résoudre.
    Et surtout, puisqu'enfin il s'agit de les résoudre de  la façon la plus concrète et la plus immédiate, surtout que surgisse en  nous, chaque  jour,  cette volonté de ne jamais ajouter volontairement à la douleur d'autrui aujourd'hui ; de ne pas ajouter à la peine de ceux qui nous entourent ; mais au contraire d'alléger leur fardeau et de leur faire apparaître Dieu comme ce Coeur qui n'est qu'un Coeur, comme  cet Amour qui n'est qu'Amour, comme Celui qui a donné à l'Humanité toutes ses dimensions en lui révélant cette Passion de l'Homme, infinie, qui brûle au Coeur de Jésus-Christ, et qui fait qu'Il nous rassemble ce soir, autour de Sa Table, afin que nous devenions avec Lui, en nous donnant à Lui, en Le donnant à toute l'Humanité, afin que nous devenions en Lui, un seul Corps,une seule Vie, une seule Personne, un seul Pain Vivant !

    Maurice Zundel (1897-1975) est un prêtre suisse . Le pape Paul VI lui demanda de prêcher la retraite du Carême au Vatican (1972). 
Prenez le temps de lire et de relire sa méditation.. Que l'Esprit Saint éclaire l'intelligence de votre cœur qui cherche à s'ouvrir au mystère de votre vie  chrétienne !              
       Nous serons en union avec notre évêque qui célébrera la Cène du Seigneur à 18h, en la crypte de l'église Notre-Dame d'Epinal.
        Je célébrerai ce Mystère au presbytère de Pouxeux, de tout cœur avec vous.
            Au long de ces jours de confinement ma prière vous rejoint.
    « Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que j'évoque votre souvenir... Telle est ma conviction : Celui qui a commencé en vous une œuvre excellente en poursuivra l'achèvement jusqu'au jour de Jésus-Christ. A vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! »
                                                 Lettre de saint Paul  aux chrétiens de Philippes
                                                             André Laurent (votre curé)

- - - - - - - - -

Lundi 6 avril 2020

Lundi saint... ces jours nous invitent à méditer sur le Christ dans sa passion. Il nous donne la mesure de son amour, celle du Père . Cet engagement nous libère du pouvoir du  Mauvais :
  « Rédemption » « Dieu parle en toi (croix où le fils se laisse pendre), et tu porte le prix de la rançon »..  Je vous laisse avec ce poème de Didier Rimaud... Chaque phrase nous parle de ce Mystère.... A lire par dose homéopathique !


        «  Bois tout en feu, buisson ardent où rien n'est cendres, Croix où le Fils se laisse pendre quand
   vient le temps, Dieu parle en toi, et tu portes le prix de la rançon ; de son Amour tu nous donnes la
   mesure, montrant le corps et la blessure où il nous dit quel est ton nom !

     Bois où l'Enfer est englouti dans sa victoire, Croix qui redresses plein de gloire le Fils maudit,
     arbre de Vie qui détruit le poison du fruit mauvais ; son Sang divin fait mûrir sur le calvaire le
                   Fruit voulu par notre Père, que nous cueillons pour notre Paix.

     Bois où chacun peut regarder dans sa détresse le Fils que Dieu, plein de tendresse nous a livré ;
pour le pardon tu attires vers toi tout l'univers ; de tout péché tu guéris et tu délivres,
                      Rameau vivant qui fais revivre celui qui voit le cœur ouvert.

     Bois merveilleux orné du sang qui nous protège, Croix où l'Agneau a pris au piège le lion
        méchant, tu t'es levé comme un signe de paix pour les pécheurs ; au sein des eaux tu détruis
        notre esclavage en nous ouvrant le seul passage vers les secrets du Dieu Sauveur.

   Bois où la femme est rachetée des fautes d'Eve, Croix où Marie se livre au glaive, le cœur broyé,
    tes bras voleurs lui arrachent l'enfant né de son corps ; et, Vierge Mère, elle enfante à la vraie Vie
                    les fils que Dieu, dans sa folie, sauve en souffrant jusqu'à la mort. »

                   Il est grand le Mystère de la foi !

     St Luc, met sur les lèvres de Jésus crucifié ces paroles :
          « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »   Elles se trouvent dans le psaume 30 :

  En toi, Seigneur, j'ai mon refuge ; garde-moi d'être humilié pour toujours.
     Dans ta justice, libère-moi ; écoute, et viens me délivrer.
            Sois le rocher qui m'abrite, la maison fortifiée qui me sauve.
       Ma forteresse et mon roc, c'est toi : pour l'honneur de ton nom, tu me guides et me conduis.
                     Tu m'arraches au filet qu'ils m'ont tendu ; c'est toi mon abri.
  En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
          Je hais les adorateurs de faux dieux, et moi, je suis sûr du Seigneur.
  Ton amour me fait danser de joie : tu vois ma misère et tu sais ma détresse.
  Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi ; devant moi, tu as ouvert un passage.
       Prends pitié de moi, Seigneur, je suis en détresse.
      La douleur me ronge les yeux, ma gorge et les entrailles. …
   J'entends les calomnies de la foule : de tous côtés c'est l'épouvante.
   Ils ont tenu conseil contre moi, ils s'accordent pour m'ôter la vie.
       Moi, je suis sûr de toi , Seigneur, je dis :  « Tu es mon Dieu ! »
       Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s'acharnent...

    Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur !

            Voilà quelle prière habitait Jésus, celle de son peuple... Elle peut devenir la nôtre.
                                                                    A. Laurent

 

- - - - - - - - - - -

dimanche 5 avril 2020

N'ayons pas peur d'avoir peur   (Mgr Dominique Lebrun . Rouen)

   Comment pouvons-nous vivre la semaine sainte sans célébrations collectives ?
    Il m'est difficile d'en parler, tant nous avançons au jour le jour... Nous évoluons avec nos tempéraments, qui se révèlent d'autant plus que ce que nous vivons touche la mort ; la question centrale est bien celle-là. Il ne s'agit pas d'une simple affaire de santé, mais d'un phénomène particulier, qui nous est inconnu.
   Ainsi, il me semble que la meilleure manière d'accompagner le moment présent est d'avoir le courage d'habiter nos peurs, comme je l'ai écrit aux fidèles de Rouen.
   Notre premier réflexe, en effet,  pourrait être de nous dire : « Prions et n'ayons pas peur, car nous sommes chrétiens et nous croyons en la vie éternelle, en Jésus sauveur. »
  Il ne faut pas oublier que croire en Jésus sauveur, c'est être disciples de Jésus qui a eu peur !
    Je ne suis pas certain qu'il ait fanfaronné devant le tentateur au désert, ou en descendant de la montagne de la Transfiguration, sachant qu'il allait bientôt entrer à Jérusalem pour la dernière fois...
  Et je suis sûr, car l'Evangile l'atteste, qu'avant la Passion il a versé des gouttes de sueur qui étaient des gouttes de sang, tant l'angoisse était forte.
  Cela m'aide beaucoup de penser que Jésus lui-même a eu peur. Donc n'ayons pas peur d'avoir peur.
   De quelles ressources spirituelles disposons-nous pour affronter la peur ?
     Au dernier chapitre de l'Evangile de  J.C selon saint Marc, Jésus reproche à ses disciples d'avoir manqué de foi, notamment à cause de la peur, avant de les envoyer immédiatement en mission.        
«  Il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu'ils n'avaient cru ceux qui l'avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Evangile à toute la création. »  Pour moi cela résonne ainsi : «  Ne t'arrête pas, vas-y avec tes peurs, mais continue d'annoncer qu'après la mort il y a la vie ; que , dans cette souffrance et dans ce mal, il y a lieux où tu es attendu pour aimer. »
Le seul vrai baume, la seule véritable guérison sera l'amour, celui des soignants qui travaillent nuit et jour, des voisins qui font les courses pour aider les plus fragiles...
  Le pape a prononce une magnifique méditation à partir de l'Evangile des disciples pris dans une tempête tandis que Jésus dort. Pour lui, la tempête est déjà salutaire : « La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. » La peur peur nous aider à aller vers Jésus en vérité
         Et puis, nous devons penser aux retrouvailles. Souvent, je suis traversé par des images très fortes. Imaginez la première messe après le confinement, quand nous serons heureux de nous voir tous ensemble , de faire à nouveau communauté. Imaginez les retrouvailles dans les familles !
   Et puis, il y a le présent. Le soir, quand nous applaudissons les soignants à 20 heures depuis notre fenêtre . Il y a déjà un vrai plaisir de contact humain dans ce signe sonore en direct.
   La semaine sainte c'est l'explosion du mystère de l'incarnation.                                                                Or nous ne pouvons plus nous toucher...
     C'est une réelle épreuve pour l'amour et pour l'amitié. Mais, en préparant la semaine sainte, je me suis aperçu que nous regardions avec une attention décuplée ce qui est arrivé au corps de Jésus.
   Je pense particulièrement à ses mains, elles qui lavent les pieds le jeudi saint, qui sont clouées le vendredi saint... A la résurrection, ses mains préparent le feu et cuisent les poissons, et, huit jours plus tard , c'est la main de Thomas qui vient à son contact.
    L'épidémie peut-elle affûter notre perception du combat contre le mal ?
         Oui, car d'où vient le mal ?   A la télévision, nous voyons souvent des images de ce petit virus, grossi... Mais la question demeure : d'où vient-il ?
Certains disent qu'il est arrive à cause d'un homme qui a consommé un animal sauvage, un pangolin... Nul en sait vraiment . Et dans la passion de Jésus, d'où vient le mal ? Des chefs du Temple ? Des Romains ? De Judas ? Des pharisiens ?  En réalité, aucune créature, sauf Satan, n'est une origine du mal.
   On peut laisser passer le mal en nous, devenir un instrument plus ou moins malgré nous, mais aucun de nous n'est maléfique . Le virus est une parabole de cela : certains sont contaminant sans le savoir, d'autres par imprudence, et nous avons une responsabilité collective. Nous avons tous peur de contaminer quelqu'un.
   Dans cette semaine sainte, nous nous découvrons tous porteurs du mal, mais aucun de nous ne l'est définitivement.
  Ce que nous vivons touche à la mort... Qu'avez-vous à dire à ce propos ?
      Dieu n'a pas voulu la mort. Elle fait partie du mal...   Il faut que chacun trouve ses propres mots pour en parler : certains parlent de notre départ définitif, de la fin de notre vie sur terre, du fait de rejoindre ceux qui nous ont précédés... Ces mots peuvent être de petits enjambements de l'événement lui-même, mais il est important de les prononcer.
   La première mort à laquelle j'ai été confronté était celle de mon père. J'avais 13 ans, lui 66. Et ce sont les mots de ma mère qui m'ont aidé : « Papa a juste pris un peu d'avance pour nous. » a-t-elle dit à la fratrie rassemblée. Cette expérience forte m'habite aujourd'hui encore, car je sais que je suis attendu. Evidemment, je le sais avec ma foi, mais je ne peux pas réfléchir sans elle ! Je ne sais pas comment je serai devant ma propre mort. J'ai peur de la souffrance... Mais regardez Jésus : c'est son lien à son Père qui lui a permis d'aller jusqu'au bout. Il dit dans sa grande prière : « Il faut que je m'en aille et que je retrouve mon Père » Car « il faut que le Fils de l'homme ressuscite. »... il n'y va pas la fleur au fusil... mais fort de la certitude qu'il accompli la mission de son Père, et qu'il retourne à lui en nous ouvrant la porte, pour toute l'humanité .
    Cela reste un mystère, et il ne faut pas parler trop vite. Cela vient à son heure pour chacun, mais une épidémie comme celle-ci nous oblige à quelques pas en avant sur cette question.


      Ce qui passionne Jésus
 
    Ce qui passionne Jésus c'est la vie, faire vivre, faire revivre au nom de Dieu , le Dieu Père, source de vie. Passionné de Dieu pour faire réussir son projet, passionné de l'homme pour le remettre debout, tel est Jésus. .. à en mourir.
    Le pain partagé et la coupe du dernier repas, que dans sa prière il tend dans un même mouvement vers le Père et vers ses frères, disent cette double passion, ce double amour  qui ne fait qu'un.
  Au point que dans ce geste extrême de don de soi, Dieu le Père (qui  n'est lui-même que don) ne peut que reconnaître.
   La passion de Jésus est bien la passion de Dieu, dans les deux sens du mot passion : souffrance
endurée et amour extrême. Ce Jésus qui aime jusqu'au bout, c'est tout son Père !
                                                        J.N. Bezanson

   Qu'avons-nous à transmettre ?
       Ce que nous avons à transmettre c'est la vie.
   Qu'est-ce qui est indispensable aux humains pour qu'ils aient une vie possible dans un monde habitable et la force de supporter leur condition ?
   Le monde est durablement travaillé par la perplexité, la frustration, une angoisse dissimulée sous la violence et les envies.
   Que faut-il transmettre qui soit donneur de vie ? Quelque chose, humble, une relation, une relation qui court parmi les humains, qui passe de génération en génération.
  Cette relation toute première qui fait qu'un être humain peut s'aimer lui-même, parce qu'il a reçu l'amour, et qu'ainsi lui-même pourra le donner...   cet amour-là qui est premier, qui est naissance d'humanité. Si manque « amour » entre les humains, ce juste rapport-là, l'humanité se défait.
    La formation doit créer un espace de liberté et d'écoute réciproque, où chacun a la chance d'être qui il est, pour sortir de l'habitude où nous glissons.
    Elle doit offrir des chemins, offrir et non imposer, pour que chacun puisse s'orienter, trouver par d'autres et avec d'autres sa genèse d'humanité.
                                               Maurice Bellet   (prêtre, psychiatre)

  Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

   Voici que s'ouvrent pour le Roi les portes de la ville : Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
  Pourquoi fermerez-vous sur moi la pierre du tombeau, dans le jardin ?
    Je viens , monté sur un ânon, en signe de ma gloire : Béni sois-tu , Seigneur !
    Pourquoi me ferez-vous sortir au rang des malfaiteurs et des maudits ?
Vos rues se drapent de manteaux jetés sur mon passage : Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
Pourquoi souillerez-vous mon corps de pourpre et de crachats, mon corps livré ?
   Vos mains me tendent les rameaux pour l'heure du triomphe : Béni sois-tu , Seigneur !
   Pourquoi blesserez-vous mon front de ronce et de roseaux en vous moquant ?
Les sourds entendent les muets bénir le Fils de l'homme : Hosanna ! Béni sois-tu, Seigneur !
Pourquoi hurlerez-vous si fort : A mort ! Crucifie-le, crucifie-le !
Je vois que dansent les boiteux le long de mon cortège :  Béni sois-tu, Seigneur !
  Pourquoi vouloir percer de clous les mains qui ont pitié, pitié de vous ?
Vos yeux guéris d'aveugles-nés contemplent ma victoire:Hosanna ! Béni sois-tu Seigneur !
Pourquoi m'ouvrirez-vous le cœur sur l'arbre de la croix comme un agneau ?
Didier Rimaud 

    « Il est grand le mystère de l'Amour de Dieu notre Père qui nous donne Jésus, son Fils bien-aimé, 
       pour nous remettre debout et reprendre  avec Son Esprit  le chemin de notre pleine humanité. »
                                      Chemin de Vie, chemin de Foi. A. Laurent

- - - - - -

mercredi 1er avril 2020

Le toucher est la nourriture de notre humanité 
           En faisant la queue pour passer la sécurité à l'aéroport de Tel-Aviv, la semaine dernière, j'ai été fasciné par le ballet de l'homme qui me précédait. Il dansait presque en manoeuvrant ses valises pour que personne ne puisse l'approcher à moins de deux mètres....
          Le jeune homme aux valises était une image d'isolement. En ce moment, la sécurité ne se trouve que dans le fait de se tenir à l'écart les uns des autres. Mais comment peut-on vivre dans l'isolement ?
   Nous avons besoin de proximité et de toucher, d'embrassades et de baisers pour être vraiment en vie. Dans la chapelle Sixtine, à Rome, le doigt de Dieu touche celui d'Adam pour l'amener à la vie.
Nous sommes tous les mains du Dieu qui donne vie lorsque nous touchons les autres avec gentillesse et respect. Le toucher est la nourriture de notre humanité.
       Des millions de personnes sont privées de la proximité physique dont nous avons besoin pour nous épanouir. Même si le cyberespace est rempli de messages exprimant l'amour et l'attention...
  Hier, pour la première fois de ma vie, j'ai utilisé Skype pour contacter un frère qui vit à l'étranger. Depuis lors, j'ai skypé de nombreux amis. C'était mieux que rien, mais ce n'est pas la même chose que de voir un vivant en trois dimensions.
Habituellement, nous ne fixons pas les visages de ceux que nous aimons , tandis que nous nous concentrons sans relâche sur l'écran lorsque nous utilisons Skype. Quand nous sommes physiquement ensemble, nous nous regardons doucement, discrètement, sous tous les angles.
   Le frère avec qui j'ai skypé en premier me disait qu'au temps de la Bible, on pensait que le visage était source de lumière. Comme si la lumière jaillissait de nos yeux, illuminant ceux que nous aimons. Nous nous chauffons à leur éclat, comme des bronzés sur une plage, nous nous reposons dans leur regard. Tant de visage me manque en ce moment...
      En tant que frères prêcheurs, nous devons trouver tous les moyens possibles d'annoncer l'Evangile. Nos étudiants dominicains explorent de nouvelles façons d'y parvenir via le Web... C'est merveilleux ! Et pourtant, la plus grande partie de la joie de la prédication vient des visages, des sourires et des rires des personnes auxquelles on s'adresse...
  Pour moi, c'est donc à la fois un moment de communion intense, mais aussi de privation d'amis retrouvés et d'absence de mains tendues, mais pas de toucher...
   En temps qu'européen inébranlable, j'espère que nous finirons par comprendre que nous ne pouvons pas nous épanouir sans nos amis européens ! Le Brexit n'aurait pas pu se produire à un moment plus malheureux. Espérons que nous renouvellerons notre sentiment d'appartenance à une seule communauté humaine dont aucune sortie n'est possible.
                                                                     Timothy Radcliffe    (dominicain anglais)


     Seigneur, accorde-moi aujourd'hui la grâce de regarder la face ensoleillée de chacun de ceux avec qui je vis. Il m'est parfois difficile, Seigneur, de dépasser les défauts qui m'irritent en eux, plutôt que de m'arrêter à leurs qualités vivantes dont je jouis sans y prendre garde.
   Aide-moi aussi, Seigneur, à regarder ta face ensoleillée, même en face des pires événements : il n'en est pas un  qui ne puisse être source d'un bien qui m'est encore caché, surtout si je m'appuie sur Marie.
                                                      Soeur Emmanuelle


      Sous son voile de tendresse

   Sous son voile de tendresse, nous nous réfugions. Prends-nous dans ton cœur de mère
  où nous revivrons . Marie, mère du Sauveur, nous te bénissons.
      Quand nous sommes dans l'épreuve, viens nous visiter. De tous les dangers du monde,
                  viens nous délivrer. Marie, mère du Sauveur, prends-nous en pitié.
    Marie, Vierge immaculée, apprends-nous à prier. Que demeurent dans nos cœurs
   le silence et la paix. Marie, mère du Sauveur, veille à nos côtés.
         Marie notre mère, garde-nous dans la paix. Refuge des pécheurs, protège tes enfants.


    Ensemble, on peut éviter l'effroyable

     Partout en île de France, il y a de plus en plus de malades. Dans notre hôpital de Seine-Saint Denis, l'afflux de patients est constant, avec des cas graves qui nécessitent beaucoup d'attention.
Mais nous ne sommes pas encore arrivés à saturation.
     Pour faire face au pic qui se profile, nous continuons d'étendre nos capacités d'accueil en réanimation. Dans mon service, nous avions 16 lits au départ. Aujourd'hui, on est passé à 24, et nous devrions parvenir à 32lits dans les jours à venir.
   L'idée, c'est de faire de la réanimation hors les murs, en transformant des services de médecine et de chirurgie conventionnelle en locaux de réanimation.
  Les conditions seront forcément moins optimales, et les patients moins encadrés, mais il faut bien imaginer des solutions alternatives si on ne veut pas se retrouver dans la même situation que l'Italie ou l'Espagne. On essaie d'avoir toujours un ou deux coups d'avance.
    On anticipe en recrutant à tour de bras. Quand je ne soigne pas les malades, je forme les nouveaux, car la réanimation demande des compétences spécifiques.
   Malgré le contexte, les défections de soignants sont rares, bien que leur santé et celle de leurs proches soient en jeu.
   Je dois dire que je suis ébloui par l'engagement et le sens du devoir dont les équipes font preuve.
Infirmiers, aides-soignants, médecins : tout le monde est impliqué.
                           Ce qu'on appelle « vocation » prend ici tout son sens.
   Ce qui me frappe aussi, c'est à quel point les ego ont été mis de côté. Les relations sont apaisées, les différents passés entre tel et tel service ont disparu . Et je n'ai jamais eu d'aussi bons rapports avec les personnels administratifs.
   Des problèmes qui jusque là paraissaient insolubles ont été réglés en un rien de temps. C'est impressionnant.  On le sait, cette crise va être longue et difficile à vivre, mais tous ensemble on peut éviter l'effroyable. Ça va marcher. Il faut que ça marche.
   Et quand tout ça sera terminé, on aura gagné le droit d'ouvrir quelques bouteilles.

                                                      Yacine Tandjaoui-Lambiotte   (praticien en réanimation)


     Nous sommes amenés vers l'Amour qui nous attend au plus intime

    Durant ce Carême bien particulier, nous sommes amenés à un exode vers nous-mêmes, un chemin nouveau vers l'hôte intérieur, vers l'Amour qui nous attend au plus intime, pour nous remettre le cœur à l'endroit, pour nous faire retrouver la juste place et le sens profond de la responsabilité de l'être humain sur la terre : apprendre à vivre en frères en accueillant l'amour du Père.   Parole réconfortante pour nous aussi que celle qui clôt l'Evangile de Matthieu :
        « Et moi je SUIS avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »

                                                     Soeur Antoinette Simonin.

   Chantons avec toute l'Eglise la joie donnée par le Seigneur.
   Entrons au cœur de son alliance où la vie jaillit pour tous.
        Jésus-Christ, témoin fidèle, ouvre-nous les portes du Ciel !
                                               (Bénédictines de Montmartre)

 

- - - - - - -

 

Mardi 31 mars 2020

Un très beau texte écrit par le Père LEJEUNE Prêtre à Bordeaux.

Et tout s’est arrêté…
Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

- - - - - - 

Dimanche 29 mars 2020

Les contraintes, une invitation à être inventifs
                                               François Cassingena-Tévedy  (moine bénédictin)

    « Quand je me suis mis, quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre »  (Blaise Pascal)

     Nous, moines, avons hérité d'un trésor d'équilibre et de sagesse, avec une hygiène naturelle du temps (lecture, offices liturgiques, travail manuel, études, moments d'échanges).   Dans ce moment où chacun est invité à rejoindre des espaces qu'il n'a pas l'habitude de fréquenter, le service public que peut apporter la vie monastique réside dans la manifestation qu'une vie recueillie est possible, que l'on peut miser sur quelque chose de plus intérieur, de plus contemplatif , de plus essentiel.
     Dans des circonstances exceptionnelles, l'homme est capable, un peu comme un animal ou une plante, de développer des capacités d'adaptation qu'il ne connaissait pas.
   C'est ainsi que certains vont découvrir une endurance qu'ils ne soupçonnait pas, une vie intérieure, une appétence culturelle, redécouvrir des régions inédites des autres et d'eux mêmes.   Les contraintes actuelles ne sont pas une fatalité, mais une invitation à devenir inventifs, un matériau à travailler.
   A l'intérieur de ces règles quasi carcérales, nous pouvons développer un espace de liberté intérieure, de poésie, d'émerveillement...
    « Le ciel est, par dessus les toits si bleu,si calme ! » écrit Verlaine depuis sa prison.
Il va nous falloir trouver le ciel par-dessus les toits, en nous, en autrui, entre nous.
    Hors de question de céder au catastrophisme, à la magie, de se leurrer avec des recettes miracles (surtout pas dans le domaine religieux) : les ressources viendront de notre propre fond.
   Aux heures dramatiques de l'histoire, l'homme révèle, à côté de ses misères, ce qu'il a de plus beau , de plus inattendu. Nous sommes renvoyés à notre dignité humaine, à notre seule hauteur d'hommes. Cela donne des choses bouleversantes et sublimes, comme la musique que les gens jouent sur les balcons en Italie.
             Enfermés en couple ou en famille, comment gérer au mieux les tensions ?
     Pas facile... Le fait de pouvoir nous regarder, nous parler, nous sourire avec indulgence et humour, reste le meilleur remède.
   Dans les familles où le dialogue n'existait pas d'habitude, une occasion est donnée de retrouver cette évidence que la parole guérit.
  L'injonction est double : il faut que les relations nous guérissent, et que nous guérissions les relations qui ont besoin de l'être.
    Dans la vie monastique, les menues tâches et le travail partagé jouent un rôle fondamental : il y a une objectivité, un réalisme, une positivité tranquille du travail concret qui nous arrache au piège de l'imagination. Cela dit, en ce moment, chacun doit faire un petit effort pour ne pas se rendre insupportable !
    Face à l'insupportable, à l'agaçant, on pratiquera la mise en quarantaine mentale du « point chaud », on établira une hiérarchie raisonnée des choses,on évitera l'obsessionnel.
   La situation hors norme que nous vivons peut-être l'occasion de faire un peu de ménage dans notre vie.
   Comment gérer l'angoisse que constitue ces jours-ci, le monde extérieur ?
    C'est une grave question. L'enjeu est de dépasser les peurs archaïques, animales, et pour cela il nous faut des antidotes puissants. Des trésors d'amitié et de vérité humaine peuvent se révéler chez nos semblables.
Il y a aussi la beauté, la fidélité silencieuse de la nature qui respire , tandis que l'homme arrête de se faire son propre bourreau.
   Résistons aux sirènes de l'apocalypse, gardons en nous la nappe phréatique de la paix : la beauté dont nous sommes capables est un commencement de victoire.
   Dieu , caché dans cette épreuve, attend de nous non des bondieuseries farfelues et affolées, mais l'accomplissement de notre devoir.

 

   La passion d'avancer

  Quand rien ne va plus, et que je me demande à quoi ça sert de se battre,     
 je peux encore me tourner vers Toi, Te prier, et Te demander de m'aider.
   Ta as mis en moi la passion de vivre et d'avancer, Tu m'as choisi pour faire triompher la vie : 
   Tu ne peux me laisser tomber !
    Seigneur, sois mon réconfort : apporte-moi cette bouffée d'espérance qui me soutiendra toute la journée.   Tu es mon compagnon d'attente des jours meilleurs.
   Avec Toi je reprendrai la route de la vie, et sans  fin je proclamerai Ton amour.
                                                               John Newbury


     Puisque Dieu nous a aimés jusqu'à nous donner son Fils,
     Ni la mort , ni le péché ne sauraient nous arracher à l'Amour qui vient de lui.
         Depuis l'heure où le péché s'empara du genre humain,
     Dieu rêvait de dépêcher en ami sur nos chemins le Seigneur Jésus, son Fils.
               Puisque Dieu nous a choisis comme peuple de la paix,
    Comment voir un ennemi dans quelque homme désormais pour lequel Jésus est mort.
               Que Dieu rende vigilants ceux qui chantent le Seigneur,
   Qu'ils ne soient en même temps les complices du malheur où leurs frères sont tenus !
                                                                                 Hameline

                       Ce dimanche 29 mars, nous pouvons lire Jean 11, 1-45 ;
      Jésus dit à Marthe, la sœur de Lazare : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »...
     Jésus leva les yeux et dit : « Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé... »
  Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » Et celui qui avait été mort sortit...
   Olivier Bourion nous dit : « Avec Marthe et Marie et les disciples, je me tiens à côté du tombeau, et j 'entends « Lazare, sors !... Déliez-le et laissez-le aller ! »
   Jésus nous invite à croire qu'il est source de Vie. Je repère ce qui, dans ma vie quotidienne m'enferme, m'empêche de vivre pleinement comme le Seigneur m'y appelle. Je lui confie ces zones de petites morts, et lui demande de venir me libérer. » 

   Ce message est d'actualité en ce temps où l'épidémie  met à l'épreuve notre foi et notre espérance !
    Que notre prière quotidienne nous tienne ouverts au travail de l'Esprit Saint pour inventer les gestes qu'il attend de nous en ce temps de crise sanitaire !  
                                                                                                                              André Laurent

 

- - - - - - -

Lundi 23 mars 2020

Psaume pour les soignants (source :  Mission Catholique Ouvrière de Lille)

- - - - -

Dimanche 22 mars 2020

Ce dimanche 22 mars j'ai célébré l'Eucharistie à la cure de Pouxeux, à 11 h , en union avec celle célébrée à Paris dans un studio , avec beaucoup de visages des personnes des 5 villages  …  Le prédicateur m'a rappelé que « en chaque personne il y a une étincelle divine qui mérite notre amour »... que la vraie richesse se trouve dans les petites choses  qui se vivent entre les humains...  
  Que le Seigneur ouvre nos yeux pour les redécouvrir !
                                                                                                    André Laurent

  

                 Prière en temps d'épidémie

   Seigneur, en ce temps d'épidémie et de peur beaucoup sont inquiets, c'est pourquoi nous nous tournons vers Toi. Que veux-tu nous dire ?
   Avant tout nous nous confions en ton amour dont rien ne pourra nous séparer. Un amour qui attend notre réponse en vivant ta parole de vérité et ta volonté juste et bonne.
    Nous te prions pour les familles qui pleurent l'une ou l'un des leurs.
Nous intercédons pour ceux qui luttent contre la maladie . Nous te confions les médecins et les infirmières qui les soignent. Ceux qui cherchent des vaccins, les autorités qui doivent prendre des mesures.
    En ce temps, tu nous appelles combien nous sommes tous reliés les uns aux autres.
  Tu nous appelles à prendre soin de nous et à nous dégager des filets de l'iniquité.
    Tu te mets à table avec nous pour que nos yeux s'ouvrent et nos cœurs deviennent brûlants.
            Tu nous rappelles la seule chose nécessaire : t'écouter et nous convertir sans tarder.
      Qu'Il nous tourne aussi vers notre prochain dans l'attention et la générosité.
                    Qu'Il suscite en nous un esprit de prière et de jeûne.
                           Qu'il nous conduise à renoncer à tout ce qui nous sépare de Lui !

 

     Jésus, le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler.
              Jésus, le Christ, Lumière intérieure donne-moi d'accueillir ton amour.
                                                           (Taizé)

          
  Reste avec moi, Seigneur, car il est nécessaire de t'avoir présent pour ne pas t'oublier :
       Tu sais avec quelle facilité je t'abandonne.
  Reste avec moi, Seigneur, parce que tu es ma lumière :
    Montre-moi ta volonté pour que j'entende ta voix et te suive.
  Reste avec moi, Seigneur, parce qu'il se fait tard et que le jour décline :
   La vie passe, l'éternité approche,   et il est nécessaire de refaire mes forces pour ne pas m'arrêter en chemin. 
  Reste avec moi, Seigneur, car c'est toi seul que je cherche, ton amour, ta grâce, ton cœur, ton esprit.
Je T'aime, et ne demande d'autre récompense que de T'aimer davantage.
  Pour que la Vie soit vainqueur en chacune et en chacun !

                                                                                                          Padré Pio

- - - -

Ne plus nuire

   Mon stylo est de plus en plus lourd. Qui suis-je pour vous écrire ? Que mettre en mots ?
Une amie chérie m'a soufflé : écris avec ton cœur ! Il saigne déjà : comment être là pour ceux qui souffrent et qui ont peur ? Comment s'adapter à la cruauté des choix que cet épisode nous impose, à l'endroit de nos plus vulnérables. Ces malades sur leur dernier lit, incapables de serrer celles et ceux dont ils ont partagé la joie. Comment être présent pour toutes celles et ceux qui aident et sauvent ?
   Le récit de cette femme médecin tendent son téléphone portable aux gisants pour qu'ils entendent une dernière fois leurs proches me bouleverse. Qui s'occupe de cette femme ? Une directrice d'un Ehpad à Sceaux propose aux enfants d'envoyer petits mots et dessins à ses résidents cloîtrés.
  Forces de vie et forces de mort s'affrontent en ces lieux comme dans nos choix de société. Et comme en nous. Et à nous les vaillants, les inutiles de cette crise, ce virus pose deux questions : qu'avons-nous fait ? Qu'allons-nous faire ?
    Le monde d'avant va dégainer ses recettes habituelles,injections de liquidités pour sauver la consommation. C'est l'humanité qu'il faut sauver. L'éradication du virus ne signifiera pas, loin de là, qu'elle s'en est sortie. Il est un  avertissement. Il n'est ni chinois ni rien. Il est le résultat de la folie des hommes qui, au nom de leur confort, ont terrassé les barrières naturelles. La bataille est aussi, profondément, idéologiques.
    Ce virus nous ramène à une grande loi, imparable et simple : ne pas nuire. Pour quelques semaines, elle va guider nos quotidiens. Et après ? Il n'y aura plus de normal. Parce qu'il n'y a jamais eu de normal. Seulement des leurres et des distractions. C'est le vide qu'on a chassé, à coup de voyage, d'agenda, d'objets à acquérir, de patrimoine à entretenir, de célébrité à imiter, d'affaire à saisir. C'est le vide qui revient. Chargé d'angoisse et de mort, il tire dans la tas, se révèle à mesure qu'il s'affirme ; nous laisse cois et seuls.
    Il est temps de cesser de se distraire. D'écouter ce silence qu'il impose. L'autre geste barrière c'est d'ouvrir les yeux. Et son cœur. La distanciation sociale est peut-être un chemin vers le collectif, ce grand oublié. C'est le temps retrouvé. Mais pour quoi faire ? Quoi penser ?
La bascule a démarré. Depuis longtemps, alertes et solutions étaient sur la table. Seul manquait notre désir de changer vraiment, c'est-à-dire de quitter les rives du confort, y compris celui des idées.  Ce virus nous éjecte de cette trajectoire. C'est aussi sa grande vertu.
  Cela fait des années que je questionne celles et ceux qui doutent, qui font différemment. Les lanceurs d'alerte, les activistes, celles et ceux qu'on appelle les fous furieux. J'ai cherché leur déclencheur interne, le moteur de leur rage ou énergie. Les raisons de leur attachement à la justice.
    A partir de quand lâchons-nous nos croyances et autres sécurités pour affirmer notre présence au monde ? A partir de quand le doute devient-il irrésistible ? A partir de quand cessons-nous de tricher ?
    Tous m'ont raconté la même histoire d'un deuil ou d'une blessure incapacitante qui les a cloués au sol. Cette mise à l'arrêt, cette blessure , de ce deuil sont venus rappeler la vulnérabilité, l'humilité. Et le mauvais chemin. Elles ont permis la mise en doute, ouvert au temps de la remise en cause. Une voix en eux, en haut, hurlait trop fort. Il a fallu lui répondre et s'aventurer.
   Bloqués, ils ont lâché les idées formatées, ces mauvaises graisses qui les engluaient. Penser par et pour eux-mêmes les a sauvés. C'était le début du chemin, une autre vie, plus lumineuse. Risquée peut-être. Mais qu'est-ce que le risque à l'heure du coronavirus ?  …
       Penser rend vivant. En cette période, c'est aussi l'une de nos dernières libertés. Nous avions cessé de réfléchir. Nous n'apprenions plus rien car tout était déjà écrit, tranchant comme un chiffre.
   Tout s'ouvre. Rien ne sera jamais plus comme avant. Il faut reprendre les livres, la barre et plonger. Oui, ne plus nuire. C'est une pause, une mise au pas. Si elle se transforme en printemps, ce sera celui de l'humanité.

                                                                                                                  Flore Vasseur

 

_______________________________________________________________________________________________________________

 

 


Horaires de messes

Dimanche 31 mai - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux +
Dimanche 7 juin - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux +
Dimanche 14 juin - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux +
Dimanche 21 juin - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux +
Dimanche 28 juin - 10:00 Eglise Saints-Gorgon et Nabord de Pouxeux +

Nos Paroisses